Maman, pourquoi tu te maquille ?

L’autre matin, alors que je me préparais, tardivement (c’était le weekend) à la salle de bain, ma fille vient vers moi et me dit “maman, pourquoi tu te maquilles ?”

La première réponse qui m’ait passé par la tête et celle que j’ai donc donné à ma fille fut “parce que maman aime bien”. Mais au fond de moi, je crois que ce n’était pas tout à fait vrai (sans pour autant dire que j’ai menti). Je m’explique. 

Je ne dirai pas que je me maquille depuis toujours (faut pas déconner non plus). Mais cela fait déjà un certain nombre d’années. Tout à commencé lorsque j’ai découvert le maquillage – très sommaire – de ma maman dans les tiroirs de la salle de bain. J’ai commencé à m’y intéresser un peu. À tester (avec son accord). À me maquiller un peu. J’étais alors ado. Puis de fil en aiguille, j’ai commencé à vouer une très grande passion pour le maquillage. Je trouvais que c’était passionnant toutes ces couleurs, ces matières, les possibilités que cela offrait. Alors j’envisageais de m’orienter vers une école de maquillage. Mais elles étaient toutes très chères et très loin (#filleàmaman). C’est donc dans une école – réputée toutefois – d’esthétique que j’ai fais ma scolarité post-bac.

maman, pourquoi tu te maquilles ?

J’ai toujours été (et c’est toujours un peu le cas) une jeune fille puis une jeune femme très peu sûre d’elle. Alors l’école d’esthétique a, à quelques moments, été un peu fardeau pour moi. En manque de confiance, face à toutes ces belles jeunes filles, je me comparais, sans vraiment m’en rendre compte, à elles ; et je me sentais encore un peu plus mal et moche.

La passion pour le maquillage était toujours présente mais au fil du temps, ce plaisir s’est transformé en “besoin” et “nécessité”. Il fallait absolument que je me maquille pour me sentir plus jolie. Avec mes rougeurs masquées et mon teint plus uniforme. Mes sourcils – inexistants tellement ils sont clairs – créés et dessinés. Il en fallait toujours un peu plus. Un peu plus de couches. C’est probablement ridicule pour certaines, alors que d’autres se reconnaîtront peut-être dans mon discours.

Et j’ai continué, continué à me maquiller, chaque jour, pendant toutes ces années. Par habitude, plaisir ou besoin ? Suis-je capable de me trouver joli sans tous ces artifices ? Ai-je vraiment besoin de tout ça ? Ma peau est-elle si “moche” que ça ?

Pour tout vous dire, je connais la réponse. C’est devenu plus une corvée pour moi, qu’un réel plaisir. Ainsi qu’une habitude. Chaque matin, je maquille mon teint (après m’être nettoyée la peau) avec une touche de correcteur (celui de Absolution fait des miracles) et mon fond de teint favoris (Dior Forever Undercover). Puis je dessine et crée mes sourcils, avant de revenir au teint avec une poudre bronzante et parfois un peu de blush ou d’highlighter. Je poursuis sur les yeux avant de terminer avec les lèvres. Alors est-ce que finalement je m’éclate à faire tout ça. Est-ce que je prends encore du plaisir à le faire. Je ne pense pas. Je pense que sans tout ça, je ne suis pas très fière de mon reflet dans le miroir. On n’est jamais content(e) de ce qu’on c’est certain, mais à un moment donné, il faudrait peut-être que j’apprenne à faire avec, que j’apprenne à m’aimer un peu plus.

Alors chaque jour, je m’efforce d’en mettre moins, mais mieux. Je choisis mieux mes produits. D’abord pour la peau, car c’est là que tout commence, c’est elle que je n’aime pas trop. Et ensuite, pour le maquillage, avec des produits qui parfois une action bénéfique pour la peau en plus de la maquiller. Ou avec un correcteur un poil plus couvrant mais discret, pour mettre moins de fond de teint. 

Je fais des efforts et progrès. L’autre jour, j’ai osé. Osé sortir – vite fait – sans fond de teint. Juste avec de la poudre de soleil, les sourcils fait et du mascara. Rien que ça. Ça relève d’un miracle pour moi.

Alors oui il y a des petites victoires comme ça, et puis il y a des jours où, soit par habitude soit parce que tu n’as pas le temps – tu retombes dans tes travers.

Alors je vais me contenter de me souvenir de ces petits progrès pour avancer, pour en faire encore d’autres. Pour ne plus être un poids pour les autres qui m’attendent parce que je me maquille (alors que ce n’est même pas vrai, je ne mets que 15 minutes).

En tout cas, ça m’a permis de réfléchir, de prendre du recul par rapport à tout ça. De me remettre en question, de mieux apprécier mon reflet dans le miroir. Merci ma fille pour cette prise de conscience tardive. Merci ma fille pour tout.

Et vous, quel est votre lien avec le maquillage ? Ou en êtes-vous ? Rassurez-moi et dites moi que je ne suis pas la seule quand même ?